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Inventée en 1907 à La Ciotat par un joueur que ses rhumatismes empêchaient de courir, la pétanque s'est installée en Belgique dès 1949. Voici son histoire, et ce qu'elle est devenue aujourd'hui.
Au XIXe siècle, le Midi se passionne pour le jeu provençal, qu'on appelle aussi « la longue ». Le terrain est long, et les tireurs prennent trois pas d'élan avant de lancer.
Champion de jeu provençal, Jules Hugues, dit « Lenoir », ne peut plus courir à cause de ses rhumatismes. Il trace un rond au sol, lance le but à 5 ou 6 mètres et joue sans bouger, les pieds bien ancrés. En provençal, on dit « pè tanca » : la pétanque est née.
Le 11 juin 1910, huit équipes de deux joueurs disputent le premier concours officiel de pétanque, avec 10 francs à la clé.
La Fédération française de pétanque et jeu provençal voit le jour pour rassembler les joueurs d'un sport qui s'organise en concours depuis 1910.
C'est par Verviers que la pétanque s'implante en Belgique. C'est même le premier club créé hors du sud de la France.
Lors d'un concours international organisé à Spa par la Fédération belge, les délégués de six pays décident de créer une fédération internationale. Elle voit le jour le 8 mars 1958 à Marseille.
C'est à Spa que se dispute le tout premier championnat du monde de pétanque.
La Belgique est championne du monde en triplette en 1981, puis en 2000 avec Jean-François Hémon, Claudy Weibel, André Lozano et Michel Van Campenhout.
Bruxelles accueille à deux reprises le championnat du monde, en 1995 puis en 2005.
Le ministère français des Sports reconnaît officiellement la pétanque comme sport de haut niveau.
L'Arlonais Claudy Weibel remporte le tout premier championnat du monde en tête-à-tête.
Gand accueille les championnats du monde en tête-à-tête et en doublette.
La pétanque a le vent en poupe. En France, berceau de la discipline, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le Covid avait fait chuter le nombre de licenciés à 226 000 en 2021. Depuis, la courbe ne fait que remonter : 263 000 en 2022, 282 000 en 2023, puis plus de 300 000 en 2024. Fin mai 2025, la fédération française comptait déjà 305 470 licenciés, un record. C'est aujourd'hui la première fédération sportive non olympique de France.
Ce succès ne doit rien au hasard : la pétanque est sans doute le plus accessible et le plus convivial des sports.
Pour commencer, il ne faut presque aucun matériel. Chez Decathlon Belgique, un jeu de trois boules avec cochonnet et sacoche coûte 20 €. Pas d'abonnement, pas de tenue, pas de réservation. Même en compétition, l'investissement reste modeste : les boules homologuées démarrent autour de 60 €.
Elle se joue à tout âge. En Belgique francophone, la fédération accueille les joueurs dès 6 ans, et il n'y a pas de limite vers le haut : en France, plus de quatre licenciés sur dix ont plus de 60 ans. C'est l'un des rares sports où grands-parents et petits-enfants jouent vraiment la même partie.
Elle s'ouvre aussi aux personnes en situation de handicap. La Fédération française handisport précise qu'on peut la pratiquer en fauteuil roulant, avec une déficience visuelle, en étant sourd ou malentendant, ou avec un handicap moteur. En Flandre, la G-petanque accueille les personnes avec une déficience intellectuelle, de l'autisme ou une fragilité psychique.
Autre atout : les terrains publics sont partout. Il suffit d'y passer avec son jeu de boules. Et c'est là que la pétanque montre son meilleur visage : un après-midi entre amis ou en famille, où l'on discute autant qu'on joue, et où l'on croise souvent de nouvelles têtes.
Pour autant, ne vous y trompez pas : si l'on n'a besoin d'aucune compétence pour jouer sa première partie, la pétanque se pratique aussi au plus haut niveau. Les championnats du monde existent depuis 1959, et la Belgique y tient son rang : c'est la nation la plus souvent montée sur le podium en triplette, derrière la France.